Les terrassesRéhabilitation et construction neuve de logements rue Haxo à Paris

Lauréat concours 2016

Les pruniers rouges et le petit jardin de la rue Haxo, le lierre qui a colonisé la façade du bâtiment d’angle, les arbres de hautes tiges au sud de la parcelle et le traitement continu des plantations le long du passage du Surmelin offrent une identité végétale forte au contexte de l’intervention. Le projet est inséré dans cette continuité végétale. L’usage réservé aux piétons, l’étroitesse des rues et la végétation qui colonise les dégagements et les bâtiments, procurent le sentiment d’être protégé des agressions de la ville…

Certification NF Habitat HQE
Label rénovation BBC et certification “Patrimoine Habitat – Rénovation énergétique”
Structure mixte bois-béton + vêture bois brûlé
Toiture végétalisée

  • Location: Paris 20e
  • Commission: Concours restreint
  • Client: RIVP
  • Area: 1 500 m² neuf + 3 400 m² réhabilitation
  • Value: 6,5 M€
  • Date: Livraison 2021
  • Assignment: Architectes mandataires mission de base + HQE + paysage
  • Team: EVP (structure), Choulet (fluides, HQE), BMF (économie)
  • Project managers: Charlotte Siwiorek (études)

L’ambiance végétale forte du site évoque les atmosphères de certaines rues et passages parisiens comme la rue des Glycines, le cour Saint-Pierre, le Cour d’Alsace-Lorraine ou l’impasse du Moulin Vert. Des lieux qui cultivent leurs trésors et abritent leurs secrets.  L’usage réservé aux piétons, l’étroitesse des rues et la végétation qui colonise les dégagements et les bâtiments, procurent le sentiment d’être protégé des agressions de la ville, d’être à la fois dans la ville et en dehors la ville. Ce confort d’ambiance et d’usage est un luxe. Il ouvre la perspective d’une manière d’habiter la ville différente, plus calme, plus sereine et plus en relation avec une nature qui reprend ses droits. Notre proposition vise ainsi à accorder le projet au lieu et à entrer en résonance avec lui pour imaginer des usages de l’«habiter » poétiques et sensuels.

Dans cet esprit, au sud-ouest de la parcelle et en complément d’une piétonisation complète du passage, le projet vise la création d’un continuum végétal qui s’inscrit dans le prolongement et en renforcement des séquences paysagères existantes. Il est assuré par :

  • une épaisseur habitée et plantée sur la façade des logements à réhabiliter ;
  • la végétalisation de l’espace libre entre le bâtiment existant et le bâtiment neuf ;
  • la mise en œuvre d’un projet paysagé intégré au bâtiment neuf ;
  • les nouvelles plantations en toitures.

L’orientation solaire favorable au sud-ouest, les règles de prospects qui induisent une géométrie en gradins sur le bâtiment neuf, la présence de la végétation et l’atmosphère du passage favorisent les opportunités et la recherche de continuités entre le dedans et le dehors pour les logements.

Ainsi, le projet architectural se construit ici autour de la rencontre opportune entre le végétal et les qualités d’usages offertes aux logements par l’attribution d’espaces extérieurs.

Accès, circulation et articulation des volumes

Concernant le bâtiment à réhabiliter, nous suggérons qu’il soit augmenté d’une qualité d’usage en complément des objectifs techniques et de performances de l’enveloppe. Nous proposons aussi que les logements existants bénéficient d’un espace extérieur complémentaire par la mise en œuvre d’un balcon filant par niveau sur la façade de la rue Haxo. Celui-ci est remarquablement orienté au sud-ouest et offre une vue dégagée sur le centre de Paris. Ce dispositif, simple constructivement, permet d’augmenter la qualité d’usage des appartements en leur offrant un lieu pour jardiner, manger dehors et prendre le soleil. Cette intervention offre également l’opportunité d’une requalification de la façade par une écriture architecturale contemporaine,  légère, sobre, qui mettra en valeur le bâtiment existant et l’appropriation des espaces extérieurs par les habitants.

Le bâtiment neuf accueille quant à lui les espaces extérieurs des logements sur des terrasses induites par le volume réglementaire. Si le bâtiment à réhabiliter bénéficie d’une vue dégagée, le bâtiment neuf trouve de nombreux vis-à-vis liés à la largeur réduite du passage du Surmelin. Pour bénéficier des terrasses sans gêner ou être gêné par le voisinage, le projet architectural intègre une jardinière continue dans le prolongement de la façade dont la végétation offre un filtre efficace aux vues directes. Le choix des matériaux s’inscrit dans une recherche de cohérence et de renforcement de la forte naturalité du lieu.

Sur la Rue Darcy, le bâtiment neuf offre une façade plus urbaine.  Elle est composée de trois strates qui reflètent l’organisation typologique intérieure du bâtiment. Au RDC, le socle opaque et solide du parking en briques, au R+1 et R+2, un bardage bois large et vertical qui marque les niveaux de simplex et accueille les loggias et enfin, sur les deux derniers niveaux, un bardage bois horizontal fin qui marque les étages des duplex. Les baies vitrées des espaces de vie, en double hauteur, ouvrent des vues plongeantes sur la perspective remarquable du réservoir de Ménilmontant.

Matérialité et systèmes constructifs

Le parti constructif envisagé est une structure mixte bois-béton. Les dalles, les voiles de stabilité et les poteaux sont réalisés en béton armé coulé en place de manière à cerner les formes complexes engendrées par le gabarit urbain. Ces ouvrages sont cependant limités au strict nécessaire. Sur les nez de dalles, les façades, réalisées avec un mur ossature bois isolé et un bardage ventilé, réduisent les descentes de charges sur le parking existant dont la capacité portante est limitée et offrent des perspectives de préfabrication. L’enveloppe est en bardage de bois brûlé huilé posé et calepiné en panneautages préfabriqués.

ÉLÉMENTS GRAPHIQUES

Carte de situation

Détail d'une terrasse

Prototype des panneaux en bois brûlé