La MaisonConstruction du lieu éphémère Medicis Clichy-Montfermeil

Concours 2016

Pour l’artiste contemporain Richard Nonas, « La Maison est cet espace arraché à la nature à l’intérieur duquel se développe la culture ». La Maison est aussi l’expression de notre territoire ou espace culturel. Nous en faisons ici un signal urbain fort dont l’imaginaire festif est apporté par la couleur vive du bois recouvert de peinture de Falun rouge. Cette « Maison » s’inscrit comme un lieu modulable adapté aux nouveaux dispositifs de création et de diffusion, un espace qui propose un rapport original « au faire » tout en interrogeant la place des pratiques culturelles dans la ville.

Préfabrication structure mixte bois et métal

Peinture de Falun

  • Location: Clichy-sous-bois
  • Commission: Concours Conception - Construction
  • Client: EPCC
  • Area: 800 m²
  • Value: 2.3 M€ HT
  • Date: Concours 2016
  • Assignment: Architectes mandataires mission de base + HQE + paysage
  • Team: Entreprises Destas et Creib, Gobois
  • Project managers: Charlotte Siwiorek
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A l’heure des enjeux environnementaux actuels, symbolisés par la problématique énergétique et la raréfaction des ressources naturelles, à l’heure des crises sociale et économique que nous traversons, l’architecture, au centre des productions humaines, doit à notre sens cristalliser les réponses que nous devons apporter afin de nous (re)mettre sur la route d’une société éco-responsable et socialement durable.

Néanmoins, au-delà d’une réponse quantitative pouvant s’exprimer par la baisse de la consommation des matières non renouvelables et par une ré-humanisation de la ville et de l’acte de bâtir, la réponse qualitative, c’est-à-dire symbolique et sensible, nous parait déterminante. Dans ce cadre, pouvons-nous proposer une vision du monde qui ne soit pas l’expression fugace d’une humeur passagère ou d’une société de consommation télé-réelle ? Et que sommes-nous à même d’évoquer au-delà d’un improbable buzz médiatique à l’image d’un « effet (Guggenheim) Bilbao » provoqué par une architecture déroutante ? Cette dernière serait-elle seulement capable d’exprimer le besoin de repères et de perspectives d’avenir que les habitants des « banlieues » semblent demander tout autant que la reconstruction de racines et du sentiment de l’appartenance à un lieu ?

Il s’agit alors pour nous de tenter d’ancrer l’établissement culturel au sein de sa ville en offrant qu’il puisse être porteur de l’image d’un territoire à soi, de sa Maison.

Pour l’artiste Richard Nonas, la maison est cet « espace arraché à la nature à l’intérieur duquel se développe la culture ». Pensée dans une logique temporelle, au départ, par l’acte de demeurer, la maison est une action et par la période qui la caractérise, cette action est devenue un état. Cet état est étymologiquement considéré comme une halte, une station, un manoir. Dans l’histoire, la halte, ou moment, donne le temps d’organiser l’espace, de le cultiver. Elle donne naissance à la culture et permet son développement. La Maison est ainsi l’expression de notre territoire ou espace culturel. Celui dans lequel nous avons nos racines ou, quoiqu’il en soit, celui dans lequel il est possible de les planter. La maison est donc profondément signifiante et porteuse d’un ancrage terrestre qui ne serait pas simplement superficiel ou obsolescent. C’est à partir de cet archétype de la maison que nous avons créé notre projet.

Celui-ci est développé dans l’axe de la tour Utrillio. La relation visuelle est accentuée par la symétrie de l’édifice rectangulaire dont le pignon et le parvis s’ouvrent face au futur chantier de l’EPCC.

Nous avons volontairement évité de formaliser l’édifice selon une parcelle dont les limites concrètes ne portent pas de sens particulier en dehors d’une conséquence administrative. Il était aussi important, dans la logique de démontage et de remontage possibles, que le modèle puisse être transposable sur un autre site sans être marqué par la forme de son site initial.

Le volume, à l’aspect d’une grande maison, est peint en rouge à la peinture de Falun. La couleur rouge sombre tranche avec un environnement urbain dominé, réellement et imaginairement, dans la vision de la ville péri-urbaine, par le blanc ou le gris du béton ; des non couleurs véhiculées par la pensée architecturale moderne effaçant tout lien avec le local et/ou les cultures et trouvant leur prolongement aujourd’hui dans les urbanismes de ZAC ou d’Eco-quartiers.

Ce lieu banni, mis au ban de la société, qu’est la banlieue, doit ainsi pouvoir s’affirmer comme l’expression d’un renouveau, d’une identité spécifique, que nous proposons d’essayer d’incarner par l’archétype mais aussi par la matérialité de cette maison des arts. L’imaginaire festif apporté par la couleur vive du bois brut dans un univers monochrome peut aussi être à même de porter l’envie de faire au-delà de la nécessité de faire. Faire avec plaisir son art dans un cadre aussi ouvert à la ville et modulable entièrement.

Le programme de l’EPCC est en effet, de par sa vocation, appelé à préfigurer ce qui pourra exister dans 7 ou 8 ans. Il est apparu ainsi central de favoriser la liberté de développement programmatique et d’éviter une gangue formelle figeant des usages et proposant une modulation permanente des activités. Au-delà de sa signification symbolique, l’édifice est avant tout une boite à outils, une installation dont le cœur est mouvant pour s’adapter aux usages variés. S’ouvrant sur ses façades est, sud et ouest, il est un lieu dispositif offrant une expérience décalée, intrigante, qui questionne notre rapport à l’art, à la poésie, au lieu. Une ouverture à la rencontre, un lieu de spontanéité créative pour préparer l’avenir.

ÉLÉMENTS GRAPHIQUES

Carte de situation

Axonométrie programmatique

Schémas des différentes dispositions du plateau polyvalent

Scénarios d'occupation du plateau polyvalent

Etapes de construction