Terres crues, de la matière à la culture

Articles pour Maison Paysannes de France, 2018

“A travers le monde, l’architecture vernaculaire en terre crue se démarque par sa pluralité de mise en œuvre. Ceci est particulièrement visible en France où, au sein de chaque région, la terre s’exprime différemment. L’Occitanie se démarque par exemple par l’emploi de la brique d’adobe, l’Auvergne Rhône Alpes par celui de pisé, les régions Nord, Est et Ouest par des mises en œuvre exploitant de la terre allégée telle la bauge en Bretagne et le torchis dans le Grand Est et les Hauts de France. L’explication de cette richesse de mise en œuvre est simple : la terre en présence, ou plutôt les terres en présence. Car la terre n’est pas un matériau homogène et universel mais bien une combinaison variable de grains inertes. Les artisans ont ainsi développé leur savoir et leur savoir-faire en fonction de la nature des sols qu’ils exploitaient. Les connaissances se sont au fil des siècles régionalisées car, comme nous allons le voir, toutes les terres ne sont pas adaptées à l’ensemble des techniques de mise en œuvre.

Chaque terre est un mélange de grains de différents diamètres présents en proportions variées. Cailloux, graviers, sables, silts (limons) et argiles sont donc autant de constituants de cette matière. Ainsi, suivant sa localisation, chaque terre possède une granulométrie propre et exploitable, tant que celle-ci est continue et avec peu de matières organiques. Cette différence de composition offre une première piste de réflexion sur la pluralité des mises en œuvre. (…)”

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