Logements terre crue et boisConstruction de 83 logements collectifs à Biganos

Lauréat concours 2019

Ce projet part d’une volonté partagée entre l’aménageur Aquitanis, le Maitre d’ouvrage Quartus et notre agence d’architecture d’expérimenter autour de la construction en terre crue dans le cadre de la réalisation de logements collectifs en densification du cœur de ville de Biganos. Cette expérimentation a pour point de départ une ressource matérielle locale – les argiles landaises de la briqueterie du Barp – et une histoire de savoir-faire revisitée selon les connaissances contemporaines du matériau terre. Elle s’inscrit dans une économie conventionnelle et a donc pour objet la recherche de points d’équilibres entre une construction à coûts moyens et l’intégration d’une technique « nouvelle » et en développement, donc à fortiori pour l’instant plus chère. La recherche de simplicité constructive, fonctionnelle et formelle des édifices proposés est donc le point de départ des concepts architecturaux, en complément des approches spatiale et paysagère.

 

Éco-responsabilité

Éco-matériaux (Briques de terre crue + bois + enduit terre)

  • Contexte : Biganos
  • Condition : Concours
  • Maîtrise d'ouvrage : Quartus Ensemblier Urbain
  • Surface : 5 105 m² SHAB
  • Budget : NC
  • Calendrier : Livraison 2021
  • Mission : Architectes mandataires mission de base
  • Équipe : CETAB (BET TCE), VPEAS (Économie), Atelier Georges (Paysagiste), Carrière Didier Gazeau (Structure)
  • Chefs de projet : Charles-Henri Guetin, Jean Brouzes

Le projet a été pensé en adéquation avec le paysage existant et dans le respect des arbres présents sur site. Ceci permet dans un premier temps aux habitants de Biganos de trouver des points de repères connus, malgré la restructuration complète du centre-ville. Les arbres font donc parti du patrimoine repérable et conservé. C’est le véritable bien commun, la nature préservée et augmentée par la replantation. L’implantation du bâti offre des perméabilités entre le cœur d’ilot et le tissus végétal et construit environnant. Celles-ci sont en lien avec les voies de circulations véhicules et la voie douce au Nord. Elles sont identifiées comme des accès en cœur d’ilot et feront le lien à l’échelle du quartier. Dans ce sens, l’axe de liaison avec le grand jardin du château d’eau est prolongé par une ouverture vers l’intérieur d’ilot.

Du public au collectif : l’identité commune

Aussi, dans ce cœur d’ilot, l’espace est libéré et offre un jardin « sauvage » vaste et généreux. Ce dernier est pensé comme une petite forêt protégée. Il accueil des usages communs comme des aires de jeux, des locaux de bricolage vélos…

Le parc de stationnements est semi-enterré et ouvert. Il est traité en surface comme un paysage passant sous le bâtiment tout en étant légèrement caché par un filtre végétal en bordure des édifices.

Du collectif au voisin : la communauté habitante

La grande majorité des accès aux logements se fait par des espaces extérieurs partagés. Les coursives sont pensées comme des lieux de transition entre le public et le privé. Des zones de coursives élargies, à l’interstice des bâtiments, sont des lieux des rencontres entre voisin.

La dispersion du bâti favorise une intégration encore plus forte du construit dans le paysage naturel existant et projeté. L’expression plastique des enveloppes – enduit à la chaux claire en façade, utilisation du bois huilé gris foncé, de la tuile en terre cuite en toiture, immeuble de faible hauteur – met en valeur la dimension humaine du projet. Le projet joue ainsi avec l’affirmation d’un patrimoine architectural local généreux mettant en œuvre des logiques liées à son environnement physique et humain et d’une simplicité formelle contemporaine.

Le logement : lieux d’usages et de matérialités

Maillé par un système de coursives édifiées sur pilotis, l’ensemble des logements est construit en lien avec son contexte. Les logements donnent tous sur le parc et font de cet espace un bien commun du vivre ensemble, l’idée de points de vue sur le parc est d’ailleurs à l’initiative de la double orientation des logements. Cette double orientation permet aussi de dissocier les espaces des logements qu’ils soient de plain-pied ou en duplex. Les pièces de vies sont orientées vers l’extérieur de la parcelle et bénéficient toutes de larges balcons ou de jardins à rez-de-chaussée tandis que les pièces secondaires sont orientées vers le calme du cœur d’ilot et sa fraicheur.

La matière est un autre outil de projet. La terre, terre locale du bassin de Biganos est constitutive de l’habitat. Les briques mise au point par l’agence et par notre partenaire amàco en lien avec la briqueterie du Barp reprennent une argile grise locale. L’argile est mélangée avec de l’eau, un chanvre et un sable local dans des proportions très précises pour parfaire sa cohésion, sa résistance mécanique et sa durabilité. Nous avons opté pour un format le plus grand possible dans une logique de mise en œuvre manuelle et avec un maçon. Ces briques, de 40x16x10 cm sont en partie évidées pour faciliter le séchage naturel et alléger la masse. Elles sont appareillables en lit de 16cm (refends) ou 10cm (cloisons intérieures). Elles sont posées proprement au mortier de terre sans enduit sur un ressaut de béton les protégeant des remontées d’eau ou d’humidité. Qu’elle soient présente en mur de refend ou enduit intérieur, la terre crue impacte et guide fortement les performances thermiques, la spécialité, la fonctionnalité et l’esthétique intérieure des logements. Les essences et autres matériaux utilisés – bois, tuiles, saule… – sont en lien avec cette dernière et s’efforcent de mettre en valeur un patrimoine de ressources locales particulièrement généreux.

ÉLÉMENTS GRAPHIQUES

Carte de situation

Plan niveau courant

Coupe transversale

Détail enveloppe

Détail intérieur